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Explorer l'univers des auteurs Tamyras

Une journée hors du temps

by Joëlle Giappési 15. juin 2008 11:44

Samedi 14 Juin, je cherche un club de location de vélos sur la route côtière du Nord. Samedi prochain, je veux inviter ma fille et ses copains à faire du vélo et à se baigner dans la mer, dans des criques inconnues du rivage libanais du Nord. Oui, mais où? Où trouver un club de location de vélos? Le dernier connu dans ce coin a fermé ses portes, l'an dernier, me dit-on. Wahaha, y a vraiment pas beaucoup de libanais qui aiment assez l'effort physique pour pédaler. Bon, mais les touristes? Doit bien y avoir un club pour touristes? Non, me dit-on. Les touristes, y-font-les-souks.

Je m'acharne, je m'entête. Il fait beau et chaud, il fait bleu partout. Bleu de ciel, bleu de mer... Lauriers roses fleuris en abondance. Je cherche les criques inconnues. Bon, où trouver des criques inconnues sur ce rivage, dans un pays qui ne fait pas plus d'une tête d'épingle sur la mappemonde? Dont les rivages ont presque tous été cédés à des pontes du loisir balnéaire? Et dont les habitants se servent des criques comme décharges publiques... Allons, Joëlle, sois pas médisante. Il a du bon ce pays. Ce peuple aussi. Oui, c'est vrai. Mais qu'est ce qu'il lui faut comme éducation civique...

A l'un des détours de la route côtière, j'abandonne la voiture. Je ne vois plus la mer. Où est-elle passée? D'un seul coup, elle a l'air très loin, et il me vient l'envie de la retrouver. J'approche a pied du bord du talus, ou ce qui en tient lieu. Je cherche la mer.

La crique est là, bien là. En fait de talus, un pas de plus dans les roseaux et je tombais 10 mètres plus bas, sur le gravier fin d'une crique oubliée du monde. Une crique du fond des temps, à l'eau claire, belle, transparente, où même à cette hauteur, je peux distinguer des bans de sardines argentées, batifolant dans des rochers à fleur d'eau, et dans des fonds d'un bleu si profond qu'on se demande quelle est la profondeur du fond... Je laisse tomber la recherche des vélos, je veux aller me baigner, là, tout de suite. Comment descendre? Je fais le tour. Wow, rien pour descendre, pas même un sentier de chèvres. Qu'à cela ne tienne. Y a des roseaux, des ronces, des roses trémières... Accroche-toi, Joëlle. Descends.

Je descends. J'arrive! J'arrive! La mer est là. Aussi belle qu'elle me l'avait semblé, de là-haut. Je plonge aussitôt, faisant fuir de mes bras les poissons, pas plus effarouchés que ça... Allons ce pays a encore du bon. 

Ce soir-là, saoule de soleil, de lumière, de bleu de mer, de plaisir, j'ai fini par trouver un club de location de vélos. Et plein de criques, pas plus grandes que ça, pas toujours oubliées, mais si belles... J'ai même trouvé des gens qui nettoyaient les criques. Comme quoi, faut jamais désespérer.

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Contact indirect

by Joëlle Giappési 11. juin 2008 01:44

Beyrouth le 5 juin 08

Il avait dit qu'il viendrait. L'avait-il vraiment dit, ou juste laissé entendre? J'ai cherché, dans la foule des visages qui se pressaient autour de moi, sa chevelure noire désordonnée, ses lunettes et ses yeux noirs pailletés de taches de soleil. Je ne les ai pas trouvés. L'aurais-je raté? Pourquoi donc pensais-je qu'un train m'attendait à cette gare-ci? Il avait dit "Tomorrow… at CCF." Cela ressemblait bien pourtant à un rendez-vous…Ce n'est qu'au soir de cette journée-là, m'étendant enfin dans mon lit, que j'ai pensé: normal, tout ça. N'a-t-il pas toujours évité le contact direct? Et moi-même, n'aurais-je pas été déçue si ce contact avait eu lieu? Garde ton mystère, mec. Je garderai mon rêve. Tu as raison, c'est mieux ainsi.

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Bienvenue sur ce blog!

by Joëlle Giappési 6. juin 2008 05:32

J’ai écrit “Les murs ne font pas la prison” pour moi, pour me permettre de dépasser mes prisons successives – la culpabilité, la dépendance à l’héroïne, la condamnation de la société. Pour que justement, ces prisons deviennent de l’histoire ancienne. En les rendant publiques, je me débarrasse aussi de la peur, qui rend la prison si redoutable. 

Mais j’adresse mon récit à ceux qui souffrent de dépendance et luttent pour en guérir. Certes, je n’ai pas de recette miraculeuse à leur offrir, mais je sais que parler, et être écoutée, m’ont rendu les choses plus faciles lorsque j’ai vraiment décidé de choisir la vie.  

Enfin, à tous ceux qui ont souffert d’être enfermés dans des murs… 

Avec vous tous, pour qui ce récit trouve un écho dans votre vécu et qui aimeriez échanger vos impressions, je serais heureuse de pouvoir partager.

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